ARTEMISIA PROJECT

LA TERRASSE : Artistique Théâtre s’installe à nouveau au Théâtre du Soleil pour y présenter un projet pluridisciplinaire autour de trois thèmes : les réfugiés, la condition féminine et le rôle social de l’artiste.

THEATRE ACTU : « ARTEMISIA PROJECT » Humanité à la dérive, le poids écrasant des maux !

de Lucile Cocito et Shaula Cambazzu
dans la Petite Salle du Théâtre du Soleil du 7 mars au 1er avril 2018
Représentations : du mercredi au samedi à 20h, le dimanche à 15h
Réservations : 07 83 81 27 38 | artistiquetheatre@gmail.com
Prix des places : 18 € (Individuels) | 15 € (Collectivités, demandeurs d’emploi, étudiants) | 10 € (Scolaires)
Avec la même conviction que son homonyme Baroque, Artemisia, femme artiste, présentatrice radio, mère seule avec deux enfants, fait entendre sa voix dans le capharnaüm du monde actuel.
Elle englobe les enjeux d’ARTEMISIA PROJECT et, avec humour et poésie, nous plonge dans sa création, sa vie et ses rencontres.
Aux croisements des chemins, d’autres personnages modèlent leur destin et écrivent leur traversée. Parmi eux, entre fiction et réalité : Agathe, réfugiée Syrienne, résiste et se reconstruit; Henriette, jeune femme enfermée dans un univers muet, transforme les bruits du monde en silence dansé.
ARTEMISIA PROJECT est une écriture plateau dans l’actualité du 21ème siècle mêlant théâtre et danse. Durée 1h40

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CO-AUTRICES
Lucile Cocito et Shaula Cambazzu

MISE EN SCENE
Lucile Cocito

CHOREGRAPHIES
Shaula Cambazzu

INTERPRETES
Guillaume Blanchard
Shaula Cambazzu
Lucile Cocito
Lohan Doumergue
Nico Martin
Shiraz Pertev

PRODUCTION/DIFFUSION
Henriette Morrison

 

 

 

ENTRETIEN AVEC LUCILE COCITO ET SHAULA CAMBAZZU

Qu’est ce qui vous a poussé à faire ARTEMISIA PROJECT?

Shaula Cambazzu : Nous avons commencé il y a, à peu près deux ans, à travailler sur la pièce d’un auteur contemporain. On a fait des périodes de recherches et d’explorations. C’était un début très riche mais nous n’avons pas eu les droits d’auteur, bloqués par une exclusivité. Face à cette réalité, nous avons décidé de nous lancer dans une écriture plateau à partir des thématiques qui nous avaient interpellées et dans la continuité du travail de laboratoire entamé.  Il y a eu un long processus avec des étapes ponctuelles et des allers-retours entre des moments de travail à la table, des réflexions, et des moments d’explorations et de recherches sur le plateau. Nous sommes six interprètes, nous deux, plus quatre autres (deux femmes et deux hommes) et chacun.e est au croisement du théâtre, de la danse, du cirque, et du cinéma.

Quel est l’histoire?

Lucile Cocito : On rentre dans le parcours d’une femme, un morceau de vie d’Artemisia, qui est une femme artiste et mère de deux enfants. A travers le cheminement d’Artemisia il y a d’autres personnages qui apparaissent, qui s’imposent, dont deux autres femmes : Agathe, qui est réfugiée Syrienne et Henriette, qui est la fille d’Artemisia. Henriette s’exprime différemment, elle ne parle pas elle s’exprime par le mouvement, par la danse. Ce qui nous importait dans cette histoire, ce qu’on a voulu montrer, c’est la réalité des femmes aujourd’hui. Les sujets d’actualité sont nombreux, l’histoire d’Artemisia Project,  traverse surtout trois thèmes : les réfugié.e.s, les voix des femmes dans un monde patriarcal et la place de l’artiste dans la société. On retrouve ces thèmes à travers les émissions radio présentées par Artemisia, dans la vie des personnages et dans le spectacle qu’elle est entrain de créer. Dans une transposition poétique, Artemisia crée des tableaux en mouvement et nous plonge dans une dimension onirique. Le personnage d’Artemisia est un clin d’oeil à l’artiste peintre de la Renaissance, Artemisia Gentileschi, qui a été, en Italie, la première femme à rentrer aux Beaux Arts.

SC : Et au delà de son histoire singulière, Artemisia Gentileschi est une femme qui, dans un monde d’hommes, s’est battue pour son autonomie. C’est une figure de résistance qui inspire à mener sa vie librement et a réaliser l’art comme on l’envisage.

LC : ARTEMISIA PROJECT est un spectacle engagé. Ce sont plusieurs voix de femmes qui se battent, qui luttent autant pour créer, pour vivre, parfois survivre, éduquer leurs enfants dans ce monde terriblement patriarcal où la place de la femme dans le monde professionnel et dans l’art est largement effacée. Ce sont des femmes qui luttent, autant Artemisia qu’Agathe et Henriette, pour dire ce qu’elles ont à dire.

La dimension chorégraphique dans ARTEMISIA PROJECT a une grande importance. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce parti pris?

SC : Le langage chorégraphique est très marquant dans cette création plateau. D’une part, il y le travail de choralité qui crée un ensemble organique et poétique et se fait l’écho de notre humanité, d’autre part,  et d’une manière plus générale, il y a l’engagement physique des interprètes, dans une approche spécifique à la danse contemporaine. Nous cherchons à atteindre, à travers un engagement organique, des états intenses, pour habiter chaque instant, d’un personnage à un l’autre,  d’un tableau à un autre. Puis, il y a le côté performatif qui se retrouve ponctuellement dans la pièce. Ce sont les personnages féminins, Henriette, Artemisia, Agathe, Maria Generovski, qui, par moment, se muent et se métamorphosent dans l’accomplissement d’un acte qui va d’une pulsion vers une ivresse de la vie intérieure de l’être. Par leurs corps, les voix des femmes se libèrent. 

Quel a été le processus d’écriture d’ARTEMISIA PROJECT?

SC : On travaille ensemble depuis 13 ans, on se confronte beaucoup ! On vient de deux univers et de deux esthétiques très différentes. Moi je viens de la danse contemporaine. J’étais pendant 18 ans en Belgique et j’ai participé à tous les mouvements de la danse post-moderne, de l’incrustation des corps dans les espaces et dans les objets … et Lucile vient du théâtre. Mon regard reste toujours très lié au mouvement, à l’espace, aux rythmes, à la dynamique, à l’organique et à la poésie.

LC : Ce qui est intéressant, c’est qu’on confronte deux méthodes, deux systèmes de pensée complètement différents et ça nous amène à nous remettre en question chacune en permanence et de garder ce qui est le plus juste artistiquement à ce moment là. Le fait qu’ARTEMISIA PROJECT soit une écriture plateau nous a obligé à puiser encore plus en nous même, à ce que nous vivons et donc à nous interroger sur notre époque et sur la manière de l’évoquer. Le travail avec l’équipe, tous interprètes d’horizons différents, a été dans cette même mouvance. On partait de thèmes, de certaines improvisations qu’on avait envie de travailler et qu’on élargissait grâce à l’imaginaire, au vécu et à l’expérience artistique de chacun.e. C’est ce qui donne, je pense, dans le spectacle, cette richesse où l’on passe du texte aux mouvements.

SC : Il faut aussi dire qu’ARTEMISIA PROJECT est le point de départ de plusieurs créations futures.

POUR VENIR À LA PETITE SALLE DU THÉÂTRE DU SOLEIL :

• En métro : ligne n° 1 station “Château de Vincennes”. Sortie n°6 en tête de train, puis navette gratuite Cartoucherie. Vous pouvez aussi prendre l’autobus n°112, arrêt “Cartoucherie”.

 En Vélib’ : station “Pyramide, entrée parc floral” ou “Tremblay Insep” (les deux sont à moins de 10 minutes à pied de la Cartoucherie).

• En tramway : arrêt “Porte Dorée” puis bus n° 46 jusqu’au parc floral ; d’où vous pouvez prendre le bus n°112 jusqu’à la Cartoucherie (3e arrêt), ou bien venir à pied (dix minutes de marche).

 En voiture : esplanade du Château de Vincennes puis suivre la direction “Cartoucherie”. Parking arboré et gratuit à l’intérieur de la Cartoucherie.

Le bar de la Petite Salle du Théâtre du Soleil est ouvert 1h avant le spectacle.
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